L’art de la guerre : résumé du chapitre 4

 Publié le 11 novembre 2014, à 19:48, par Allaedine El Banna   Aucun commentaire
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Dans le chapitre 3, Sun Tzu a montré que l’attaque directe est certainement la manoeuvre que le général doit envisager en dernier recours. Le chapitre 4, intitulé « Dispositions », va néanmoins insister davantage sur cet aspect de la guerre, en mettant l’accent sur la préparation.

En premier lieu, assurer ses défenses

Le bon général doit en premier lieu s’assurer que la défense de son armée, de son camp, et des installations, est correctement assurée : le but est d’empêcher l’ennemi d’exploiter une quelconque vulnérabilité qui pourrait être fatale. La défense est une priorité avant toute volonté d’attaque. Les vulnérabilités doivent être supprimées :

« Dans les temps anciens, les guerriers habiles commençaient par se rendre invincibles, puis ils attendaient que l’ennemi fût vulnérable. » (v. 1)

La vulnérabilité de l’ennemi ne peut être forcée

Sun Tzu souligne qu’il ne faut pas sous-estimer l’ennemi : s’il est possible d’exploiter ses faiblesses quand elles sont présentes, on ne peut en revanche provoquer à coup sûr une brèche dans la défense de l’adversaire :

« […] ceux qui sont versés dans l’art de la guerre peuvent se rendre invincibles, mais [ils] ne peuvent rendre à coup sûr l’ennemi vulnérable. » (v. 3)

Le verset 2, résumant cette optique, est resté dans les mémoires :

« Notre invincibilité dépend de nous, la vulnérabilité de l’ennemi, de lui. » (v. 2)

Comme cela a été énoncé au chapitre 1, la victoire ne peut jamais être assurée.

En second lieu, envisager l’attaque

L’objectif principal de la guerre étant la victoire, le général doit songer à attaquer l’adversaire une fois les défenses correctement assurées, afin de ne pas laisser de répit à l’adversaire.

« L’invicibilité réside dans la défense, les chances de victoire dans l’attaque. » (v. 5)

Attaquer et se protéger à la fois

Conformément aux versets du chapitre 3, l’attaque ne doit pas être envisagée si elle met en péril la défense. La défense est toujours prioritaire par rapport à l’attaque.

« On se défend lorsque l’on dispose de moyens suffisants, on attaque lorsque l’on dispose de moyens plus que suffisants. » (v. 6)

Le verset 7 résume le point de vue de Sun Tzu :

« […] ils sont capables à la fois de se protéger et de s’assurer une victoire totale. » (v. 7)

Créer les conditions de la victoire avant de chercher le combat

Sun Tzu réfute l’idée reçue selon laquelle un bon général serait celui qui battrait un ennemi particulièrement robuste ou coriace : au contraire, le maître de l’art militaire ne doit engager le combat que si les conditions de la victoire sont déjà réunies. Autrement dit, le combat ne doit être provoqué que si les chances de victoire sont très grandes :

« Dans les temps anciens, ceux que l’on disait experts dans l’art de la guerre l’emportaient sur un ennemi facile à vaincre. » (v. 10)

Sun Tzu parle d’ennemi facile à vaincre car le général doit avoir, au préalable, constitué un rapport de force largement favorable pour lui et ses troupes. Cela peut toutefois diminuer quelque peu la gloire attendue pour le général, mais ce n’est pas ce qui compte pour Sun Tzu :

« Les victoires remportées par un maître de l’art militaire ne valent à celui-ci ni une réputation de sagesse, ni le mérite de la vaillance. » (v. 11)

Éviter les pertes de temps, profiter de toute occasion

Le général habile doit exploiter toutes les opportunités qui se présentent si cela accélère son cheminement vers la victoire : en effet, la guerre doit durer le moins longtemps possible, en accord avec ce qui a déjà été dit au chapitre 2.

« […] il ne perd pas une occasion de se rendre maître de l’ennemi. » (v. 13)

Le verset 14 forme la conclusion de cette section centrée sur les conditions de victoire :

« […] une armée victorieuse l’est avant de chercher le combat ; une armée vouée à la défaite se bat sans l’espoir de vaincre. » (v. 14)

Rendre l’Etat invicible

Non seulement l’armée et les troupes doivent être invulnérables, mais il est également indispensable de s’assurer de l’absence de failles dans son propre gouvernement, ou même dans son propre code de conduite.

« [Ils] pratiquent le Tao et font respecter les lois : ils sont donc en mesure d’énoncer une politique victorieuse. » (v. 15)

Evaluer correctement le rapport de force

C’est de la précision des calculs du général que dépendent les chances de victoire de ce dernier et de son armée. Plusieurs facteurs entrent en compte.

Estimer d’abord l’espace

Comme Sun Tzu l’avait annoncé au chapitre 1, l’appréciation de l’espace est primordial. L’importance du terrain doit toujours être prise en compte, et en premier lieu. Un terrain favorable peut complètement inverser un rapport de force numérique.

« L’appréciation de l’espace est fonction du terrain. » (v. 17)

Ensuite, estimer les quantités, puis les comparer

Sun Tzu parle d’apprécier les quantités, qui peuvent se référer non pas uniquement aux quantités de troupes globales, mais plus spécifiquement aux différents types de régiments et leurs effectifs respectifs (infanterie, chars, engins de siège…). Des chiffres doivent découler des règles de calcul, qui permettront de voir où sont les points forts, et où sont les faiblesses d’une armée.

« Les quantités découlent de l’appréciation, les chiffres des quantités, les comparaisons des chiffres et la victoire des comparaisons. » (v. 18)

C’est seulement après les calculs et un rapport de force largement favorable que le général sera en mesure de l’emporter : le verset 19 forme une conclusion globale du chapitre :

« […] une armée victorieuse est semblable à un demi-quintal faisant contrepoids à un grain : une armée défaite est semblable à un grain faisant contrepoids à un demi-quintal. » (v. 19)

L’armée idéale est semblable à l’eau

Les troupes du maître de l’art de la guerre, tout comme l’eau, doivent se comporter de manière « fluide », c’est-à-dire en accentuant la pression sur les points faibles, tout en rendant les attaques les plus brèves mais les plus dévastatrices possibles. Cette métaphore sera reprise par un grand nombre de ses commentateurs.

« C’est grâce à l’art de disposer ses troupes qu’un général victorieux est en mesure de les faire combattre avec l’effet des eaux contenues qui, soudain libérées, se précipitent dans un gouffre sans fond. » (v. 20)



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