L’art de la guerre : résumé du chapitre 2

 Publié le 09 février 2014, à 20:48, par Allaedine El Banna   Aucun commentaire
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Nous avions vu dans un précédent billet que Sun Tzu, dans le premier chapitre de l’Art de la Guerre, avertissait son auditoire à propos de la gravité de la « guerre » et encourageait à toujours « juger » et « calculer » avant de se lancer dans une quelconque opération. Par ailleurs, Sun Tzu a également présenté la teneur des rapports qu’un général doit avoir avec l’armée ennemie et le commandant de cette dernière.

Le second chapitre, que je résume ici, est intitulé dans l’œuvre « La conduite de la guerre » et va cette fois préparer le lecteur à l’évolution du conflit.

La guerre coûte cher

Le lancement de la campagne nécessite un apport financier considérable. Le matériel et le personnel doivent être rassemblés et équipés avant la première marche de l’armée :

« Généralement, les opérations militaires nécessitent mille chars rapides attelés de quatre chevaux, mille chariots couverts de cuir attelés de quatre chevaux, et cent mille soldats portant cuirasse. » (v. 1)

Il faut, d’après Sun Tzu, calculer le coût de revient de la campagne par jour de conflit, en y incluant les dépenses d’entretien des troupes et les frais annexes, comme ceux engendrés par les visites des vassaux (v. 2). Ce coût doit être pris en compte dans la somme de départ nécessaire pour démarrer la guerre :

« Une fois que cette somme est disponible, cent mille hommes de troupe peuvent être levés. » (v. 2)

Eviter les conflits de longue durée

Chaque jour de la campagne entraîne des dépenses pour l’armée ; c’est pourquoi, dans l’idéal, tout conflit devrait durer le moins possible afin de ne pas dilapider le Trésor :

« Lorsque l’armée s’engagera dans des campagnes prolongées, les ressources de l’État ne suffiront pas. » (v. 4)

Sun Tzu prévient que bon nombre de désagréments attendent l’armée qui s’engage dans une campagne de longue durée : le matériel s’use, le moral des troupes a tendance à diminuer au fil du temps, et l’ardeur initiale disparaît petit à petit (v. 3, v. 5) : les chances de victoire du général diminuent donc en conséquence.

La défaite et l’annihilation à long terme attend même ceux qui auront ruiné l’État dans une campagne trop longue et inefficace :

« Lorsque […] votre trésorerie sera réduite à rien, les souverains voisins profiteront de votre détresse pour agir. Et même si vous avez des conseillers avisés, aucun d’entre eux ne sera en mesure de dresser des plans adéquats pour l’avenir. » (v. 5)

Par ailleurs, Sun Tzu souligne qu’un bon stratège ne devrait jamais se lancer dans des opérations de longue durée : il faut préférer la promptitude à l’habileté (v. 6). Le verset 7, célèbre, résume en quelques mots l’idée générale :

« […] il ne s’est jamais vu qu’une guerre prolongée profitât à aucun pays. » (v. 7)

Sun Tzu rappelle que le but final de la guerre n’est pas de livrer bataille, mais de remplir les objectifs :

« La victoire est l’objectif principal de la guerre. » (v. 3)

Se ravitailler sur l’ennemi quand c’est possible

S’il faut éviter de ruiner l’État, il faut également veiller à ne pas creuser démesurément le déficit : en effet, l’armée devrait se contenter de ses ressources de départ et ne pas attendre de financements supplémentaires pendant la campagne :

« Ceux qui sont experts dans l’art de la guerre n’ont pas besoin d’une seconde levée de conscrits et un seul approvisionnement leur suffit. » (v. 9)

En effet, la marche de l’armée entraînant un éloignement progressif et nécessaire des troupes par rapport au siège de l’État, les coûts de ravitaillement augmentent de plus en plus au fil du temps :

« Là où se trouve l’armée, les prix sont élevés. […] » (v. 12)

Une solution simple, évidente et efficace consiste simplement à se ravitailler en pillant l’ennemi :

« Le général avisé veille à ce que ses troupes se nourrissent sur l’ennemi. […] » (v. 15)

En plus de subvenir à moindre coût aux besoins de l’armée, cette solution a l’avantage d’augmenter le butin (v.  17), ainsi qu’évidemment de poser des problèmes de ravitaillement pour l’armée adverse.

Se renforcer grâce aux possessions adverses

L’attaque ne consiste pas toujours à détruire et annihiler le personnel et le matériel de l’adversaire : il est, en général, plus judicieux et intéressant de pouvoir s’approprier les possessions de l’ennemi, afin de continuer à se renforcer. Il faut par conséquent former et encourager l’ensemble des soldats à ce genre de pratique :

« […] lorsque dans un combat de chars, plus de dix chars sont capturés, récompensez ceux qui se sont emparés du premier. Remplacez les drapeaux et bannières de l’ennemi par les vôtres, mêlez aux vôtres les chars récupérés, et équipez-les en hommes. » (v. 18)

De plus, Sun Tzu propose d’épargner les prisonniers et même de les entretenir, car ces derniers peuvent se révéler de véritables atouts (notamment pour la possibilité de versement de rançons par l’ennemi, mais également pour l’espionnage et l’information sur l’armée adverse, comme cela sera vu au chapitre 13) :

« Traitez bien les prisonniers, et prenez soin d’eux. » (v. 19)

Conclusion

Avec son coût nécessaire mais en général extraordinaire pour l’État, Sun Tzu  démontre que la guerre reste une opération qui engage la survie du pays :

« Le général qui comprend la guerre est le ministre du destin du peuple et l’arbitre de la destinée de la nation. » (v. 21)

C’est pourquoi, afin que toutes les chances soient en permanence du côté de l’armée, chaque opération doit être une occasion de se renforcer au détriment de l’ennemi :

« Voici ce qui s’appelle gagner une bataille, et devenir plus fort. » (v. 20)

Avec des moyens indirects de causer du tort à l’ennemi autrement que par la destruction, notamment par le pillage, le vol et la capture de ses troupes et de son matériel, Sun Tzu introduit brillamment, dans ces dernières lignes, l’art de « la stratégie offensive » (qui sera, en toute logique, le nom du chapitre suivant).



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